Souffrance au travail : comment faire face à la douleur

La souffrance au travail est insidieuse : on pense pouvoir la supporter en silence, de faire preuve de bonne figure, alors que ça nous grignote petit à petit de l’intérieur. Jusqu’au jour où ça craque.

“Je savais depuis longtemps que j’étais essorée mais je ne voulais pas regarder les choses en face. Vu ma position dans la société, je ne pouvais pas me permettre de montrer mes faiblesses et j’acceptais toujours plus de travail. Vers la fin, je faisais 60 heures de travail par semaine et le week-end, j’étais toujours collée à mes mails. Je n’avais plus de vie. Et un jour, tout a lâché. Je ne pouvais plus me concentrer sur une tâche, même basique. J’ai fini par ne plus pouvoir sortir du lit. Je suis en arrêt maladie maintenant mais je veux vraiment retourner au travail. C’est pour cela que j’entame un travail sur moi.”

“Ça a commencé lentement. On m’a mis dans un ‘placard’. Au début, ça ne me dérangeait pas tant que ça, contrairement à mes attentes. Mes au fil du temps, je n’avais rien à faire et de moins en moins. Je m’ennuyais terriblement et petit à petit, je me suis senti inutile, mais incapable de m’en sortir ou de décider de démissionné car j’avais trop peur, ma confiance en moi est complètement minée.”

“Je me demande de plus en plus à quoi je sers, mon boulot n’a pas d’utilité, voire il est nocif pour les autres. Je me sens perdu, parfois je me sens laid. J’ai besoin de retrouver du sens dans ce que je fais.”

“Je travaille sous la direction d’un pervers narcissique qui me pourrit la vie. Je suis au bord de la crise et je ne sais plus quoi faire. Pourtant j’adore mon travail mais cela devient insupportable. Je pense être victime de harcèlement moral : il m’insulte devant toute l’équipe parfois, il ne me donne aucune directive claire et en même temps, il empile les dossiers que je dois traiter.”

Le burnout : souffrance au travail liée à l’épuisement

Le burnout est le contrecoup d’un épuisement total suite à une période d’excès de travail et est assimilé à un épisode dépressif majeur (un jour, on ne peut plus se lever du lit pour aller travailler, c’est un épuisement physique et mental profond). Un facteur de risque se trouve dans le lien entre un travail et l’utilisation de la technologie : plus un métier est technologique, moins il y a de séparation entre vie privée et vie professionnelle, conduisant à un épuisement psychique, par le biais d’un surengagement. Il y a une confusion entre espace et temps. La maison devient le bureau.

Le mécanisme du burnout

Le salarié en surmenage est de fait surengagé. Il va petit à petit évacuer toute activité en dehors de la sphère professionnelle. Sa vie deviendra son travail, comme d’ailleurs dans le workaholism (addiction au travail). Il y a quatre phases menant au burnout :

    • Phase d’engagement – satisfaction au travail, débordement d’énergie, concentration intense, sensation de joie, forte implication.
    • Phase de surengagement – cette phase est déjà une phase d’alarme. Les activités et pensées professionnelles sont progressivement mises au premier plan de l’activité mentale et du comportement du salarié au dépens de ses loisirs, de la sphère sociale puis familiale.
    • Phase de résistance – rythme de travail effréné, négation du surmenage (« tout va bien »), baisse de l’estime de soi, installation d’un doute permanent, attitudes négatives envers collègues et clients (premiers signes de rupture), disparition de la satisfaction au travail, mais la personne ne veut pas se mettre en arrêt maladie malgré les sollicitations de médecin et famille. L’illusion de pouvoir “encore tenir” est là ; il y a toujours encore “quelque chose d’important” à terminer ou des collègues “à ne pas laisser tomber”.
    • Phase d’effondrement – souffrance psychique marquée ressemblant à un épisode dépressif majeur, entraînant des symptômes physiques d’épuisement et un état émotionnel très dégradé.

Le boreout : souffrance au travail liée à l’ennui

Le boreout est un épuisement dû à l’ennui, un syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui – plus ou moins permanent – ressenti au bureau (on dit bureau, car cette affliction touche en priorité les métiers du tertiaire). Selon certaines estimations, le boreout touche trois fois plus de salariés que le burnout.
À cause du tabou qui entoure ce syndrome, le travailleur est amené à faire ‘acte de présence’ sur son poste et donc un sentiment d’enfermement, d’être piégé, peut s’installer. C’est un syndrome progressif dans son installation. On s’ennuie quelques heures dans la journée, ou sur une période où on a moins de travail que d’habitude, on surfe l’internet sans but précis, on passe son temps à regarder l’écran, en ouvrant des tableurs Excel, des vieilles présentations PowerPoint et des documents Word riches en texte, afin de faire semblant de travailler. Cette situation devient progressivement plus fréquente et on se désinvestit de son travail, n’y trouvant plus d’intérêt ou de challenge, la motivation baisse (ce qui fait que le salarié n’ira pas demander forcément plus de travail à sa hiérarchie : c’est le cercle vicieux qui s’installe). Petit à petit, le salarié s’efface, il a l’impression de ne ‘servir à rien’, et est oublié par son entourage professionnel (cf. la placardisation). L’ennui prend de plus en plus d’ampleur jusqu’à arriver à l’épuisement psychique et à la dépression. Le même résultat final que le burnout.

 

Le brownout : souffrance au travail liée au sentiment d’inutilité

Le brownout (comprendre ‘baisse de régime’) est un trouble lié au monde du travail, reconnu très récemment dans les pays anglophones.

Symptômes du brownout

  • Sentiment d’inutilité au travail.
  • Démotivation, désengagement et perte d’intérêt partiel ou total dans le travail.
  • Incompréhension vis-à-vis du travail, même le monde du travail en entier peut paraitre comme étant une farce, une vaste entourloupe, et la personne commence à se poser beaucoup de questions (ex, sur sa place en entreprise, voire sa place dans la société).
  • La personne peut devenir de plus en plus cynique sur son entourage professionnel : ils voient leurs collègues comme des ‘bons petits soldats’, des pantins, des irritants à éviter ; ils voient leur hiérarchie comme des objets nuisibles ; le tout, avec un risque d’érosion des relations, comme dans le burnout et le boreout.
  • Les tâches effectuées d’habitude n’ont plus de valeur, ou la personne ne comprend plus leur valeur.
  • Une incompréhension de son rôle à l’intérieur de l’organisme peut s’installer.
  • La personne peut se sentir dépassée par l’entreprise pour laquelle elle travaille (par exemple, la culture de celle-ci, son jargon, les réunions interminables vidées de sens) et ne plus se sentir concerné par les valeurs véhiculées par l’entreprise.
  • La personne peut avoir de plus en plus de mal à supporter l’autorité.
  • La personne peut trouver son quotidien absurde.
  • La personne peut avoir l’impression de ne jamais voir l’aboutissement de son travail à cause de tâches trop morcelées, un taylorisme excessif des tâches, mêmes intellectuelles.
  • La personne peut avoir conscience que son travail est « vide de sens » ou « inutile » et cherchera à éviter d’en parler aux autres par peur du jugement.
  • La personne peut avoir le sentiment de ne plus pouvoir faire semblant que son travail a un sens.
  • Peut amener à une crise existentielle.

Le harcèlement moral : souffrance au travail comme microtraumatismes

 Le harcèlement moral au travail se définit comme toute conduite abusive (geste, parole, comportement, attitude…) qui porte atteinte par sa répétition ou sa systématisation à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat de travail.
Il s’agit d’une violence à petite touches, qui ne se repère pas, mais qui est pourtant très destructrice. Chaque attaque prise séparément n’est pas vraiment grave, c’est l’effet cumulatif des microtraumatismes fréquents et répétés qui constitue l’agression.

Marie-France Hirigoyen

Le harcèlement moral peut avoir des conséquences extrêmement néfastes pour le psychisme et constitue sans aucun doute une souffrance au travail. Si vous pensez être victime de harcèlement moral, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à solliciter de l’aide. Le médecin généraliste, le médecin du travail, et le psychologue travaillent ensemble lorsqu’il s’agit de harcèlement moral. La personne qui harcèle peut aussi être un/une pervers narcissique. Voir mon post ici sur les problèmes relationnelles liés aux personnes toxiques.

 

Pour aller plus loin :

Article complet sur le burnout, boreout et brownout.

Wikipédia sur le harcèlement moral

 

Quelques lectures :

Psychologue souffrance au travail Paris

 

Psychologue Paris 9e
Sophie ELATRI Psychologue 06.28.60.84.84
N° ADELI : 75 932204 3 N° SIRET : 510 537 913 00046
Psychologue Paris 9e et arrondissements limitrophes : Psychologue Paris 10e ; Psychologue Paris 3 ; Psychologue Paris 11e ; Psychologue Paris 8 ; Psychologue Paris 18e ; Psychologue Paris 17e.
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